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 Chômage croissant en Suisse. Les jeunes particulièrement touchés

mardi 15 décembre 2015

Dans la tourmente des élections fédérales un message préoccupant est pratiquement passé inaperçu : Selon les relevés du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), à fin novembre 2015, 148’143 personnes étaient inscrites au chômage auprès des offices régionaux de placement (ORP), soit 6’874 de plus que le mois précédent. Le taux de
chômage a augmenté, passant de 3,3% en octobre 2015 à 3,4% pendant le mois sous revue. Le chômage a augmenté de 11’591 personnes (+8,5%) par rapport au mois correspondant de l’année précédente.

Ces chiffres ne montrent qu’une partie de la vérité. Durant le mois de septembre, 3079 personnes ont bénéficié d’exonération fiscales. Ainsi, ces personnes disparaissent dans la statistique des personnes sans emploi, mais restent sans travail. C’est une ruse « bon marché » pour embellir la statistique. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes rejoignent les personnes bénéficiant d’une exonération fiscale. En 2014, ce sont 36’000 personnes qui ont disparu dans la statistique. Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 50 % des personnes exonérées retrouvent un emploi. Et avec de moins bonnes conditions de travail qu’auparavant ! Le Directeur de secteur Magnus Fink de l’OFS a dit lors d’une intervention sur www.sfr.ch du 9 janvier 2015 : « Il y a de plus en plus de travail sur appel et des contrats de travail temporaires. » Dans cette catégorie, le sous-emploi est encore plus important.
Cela veut dire que les personnes concernées ont un emploi à temps partiel mais aimeraient bien augmenter leur charge de travail.

Le chômage des jeunes (de 15 à 24 ans) a augmenté de 244 personnes (+1,2%), passant à 20’054. Par rapport au même mois de l’année précédente, il a augmenté de 1’452 personnes (+7,8%). .Il se chiffrait à 6,4% au 2e trimestre 2015. Le taux de chômage des jeunes est 1,5 fois plus élevé que celui de la population active.

Une formation professionnelle après le cycle d’école obligatoire est d’une importance cruciale pour les jeunes et pour leur futur. Cela n’est pas remis cause. Pourtant 20‘000 jeunes n’ont pas cette opportunité dans un des pays les plus riches au monde. Cela est honteux. De plus, un bon nombre des jeunes qui ne trouvent pas de débouché professionnel après l’école obligatoire ne se présentent pas à l’office de l’emploi. Le chiffre absolu des jeunes au chômage est de ce fait bien supérieur que mentionné dans les statistiques officielles.

Il est certain qu’en relation avec ses pays voisins, la Suisse parait être dans une bonne situation en ce qui concerne le chômage et le chômage des jeunes. Lors du dernier trimestre de l’année 2014, le taux de jeunes au chômage était indiqué à 21.4% pour les 28 pays-membres de l’Union Européenne, de 23.2% pour les pays appartenant à la zone Euro, mais surtout de 50% en Grèce et en Espagne. Ce fait ne doit pas nous apaiser, au contraire, car le chômage est et sera toujours une conséquence inévitable des politiques néolibérales. Les masses de chômeurs de réserve permet entre autres aux capitalistes de baisser les salaires, de détériorer les conditions de travail et d’affaiblir les syndicats. Autrement dit : cela leur permet d’augmenter leurs profits. Du bavardage de gauche ? Sir Alan Budd, professeur d’économie libéral renommé et durant longtemps membre de la banque monétaire anglaise, décrivait dans sa biographie que durant la période de Margareth Thatcher, le chômage était artificiellement produit pour affaiblir la classe ouvrière et générer des grands profits. Il écrivait : « Beaucoup de personnes ne croyaient pas (...), que le
monétarisme pouvait combattre l’inflation. Cependant, ils ont reconnu que le monétarisme s’avère très utile pour augmenter le chômage. Et cette augmentation du chômage était plus que souhaitable pour affaiblir la classe laborieuse en entier. [...] Dans une terminologie marxiste : une crise du capitalisme a été provoquée à cause de cela. Cette dernière a restauré une armée de réserve industrielle et a permis ainsi aux capitalistes de réaliser de grands profits. » (The New Statesman, 13 janvier 2003, p. 21)

Ce mécanisme existe toujours aujourd’hui. Dans son programme électoral 2015, le Parti suisse du Travail (PST) est très clair : Comme la richesse sociale est fondée sur le travail, celui-ci est pour nous un droit fondamental pour tous les êtres humains. Chaque travail est important et a la même valeur. Nous voulons supprimer l’exploitation de l’homme pas l’homme. Concrètement, nous revendiquons :

• l’application de l’égalité entre les salaires des hommes et des femmes ;

• l’introduction d’un salaire décent d’au minimum 4000 francs par mois (22 francs de l’heure) et d’un salaire minimum pour les apprenti-e-s ;

• l’introduction d’un salaire maximum ; • l’introduction de la semaine de 35 heures, sans réduction de salaire, mais avec engagement de personnel ;

• aucune déréglementation des horaires des magasins. Une harmonisation à l’échelle nationale peut se faire seulement à condition de limiter les ouvertures des magasins pour un maximum de 11 heures par jour ;

• l’abolition de la précarité, c’est-à-dire l’établissement d’une véritable protection contre le licenciement pour toutes et pour tous, le droit à la réintégration et l’interdiction du travail intérimaire, du travail sur appel et du salaire au mérite ;

• le renforcement de la protection de la santé et de la sécurité au travail, notamment en renforçant les contrôles sans préavis et les sanctions vis-à-vis des entrepreneurs et des entrepreneuses ;

• ’obtention du droit de se réunir en assemblée du personnel pendant le temps de travail, d’élire des délégués syndicaux d’entreprise et le droit de grève étendu.

Et nous ne renoncerons pas... avant que, dans la société socialiste, le travail ne serve plus à enrichir un petit nombre par l’exploitation des êtres humains et de la nature, mais à assurer le bien-être de toutes et de tous.

Parti suisse du Travail
15 décembre 2015

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PST-POP  |   secretariat@pst.ch  |   Dernière mise à jour: le 4 mai 2016

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