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 Intervention Conseil National : AVSPlus

dimanche 10 janvier 2016

de la Reussille Denis (G, NE) :
Il y a plus de soixante ans que la Constitution fédérale n’est pas respectée. Cela a été dit à maintes reprises par de nombreux membres du conseil, mais permettez-moi de vous le rappeler, cela n’étant pas rien. Sur d’autres sujets, certains groupes parlementaires sont d’ailleurs beaucoup plus pointilleux en ce qui concerne le respect de notre Constitution fédérale. Celle-ci prévoit en effet que les rentes de l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité "doivent couvrir les besoins vitaux de manière appropriée".
Pourtant, en Suisse, sans les prestations complémentaires, qui étaient prévues au départ comme une mesure transitoire et éphémère, quelque 200 000 personnes ne pourraient pas vivre à peu près décemment. Ce chiffre ne cesse d’augmenter puisque, chaque année, 5000 retraités supplémentaires bénéficient de ce "quatrième pilier" que représentent les prestations complémentaires. Ceci sans compter les nombreuses personnes âgées qui, touchées par la pauvreté mais ne connaissant pas leurs droits, n’ont pas recours aux prestations complémentaires.
L’AVS est une assurance sociale exemplaire. Elle est le premier pilier de la prévoyance vieillesse, le pilier collectif, social et solidaire, mais aussi le pilier redistributeur. Le système de capitalisation du deuxième pilier est instable et menacé par les aléas des rendements financiers, comme on l’a vu en 2008 lorsque plusieurs milliards de francs de l’énorme capital amassé dans les caisses de pension ont été engloutis sous les effets de la crise. Au contraire du deuxième pilier, l’AVS est basée sur un système transparent et simple, qui lui a permis de traverser les crises et de résister à la forte augmentation de l’espérance de vie, et ce malgré de nombreuses prévisions exagérément pessimistes qui ne se sont jamais réalisées.
L’initiative "AVS plus", soutenue par de nombreuses associations et organisations, vise à augmenter de 10 pour cent les rentes AVS. On serait encore loin du mandat constitutionnel prévoyant la couverture des besoins vitaux mais, pour les retraités, cette initiative va clairement dans le bon sens. Elle améliorerait la situation de dizaines, voire de centaines de milliers de personnes vivant de manière précaire dans notre pays, tout en renforçant le pilier stable et sain de l’actuel système de retraite.
Les coûts liés à cette augmentation des rentes pourraient être couverts par un financement équitable et réaliste qui toucherait, par exemple et enfin, tous les revenus, comme les revenus de capitaux et d’autres avantages payés par les employeuses et les employeurs et qui échappent, pour le moment, au paiement de l’AVS.
Depuis 1975, les rentes sont endiguées. Ne pas accepter de couvrir les besoins vitaux par l’AVS conduit à une situation boiteuse et humiliante pour les plus modestes. Cette initiative ne demande pas l’impossible, mais simplement qu’un droit garanti par la Constitution depuis 1948 soit enfin appliqué.
En 2015, dans un des pays les plus riches du monde, il n’est pas acceptable que des milliers de nos concitoyens continuent à vivre dans la précarité. Certaines villes de notre pays, comme Genève, La Chaux-de-Fonds ou Le Locle, ont dû introduire des prestations complémentaires communales pour pallier les insuffisances de notre système social fédéral. Vous qui êtes opposés à cette initiative, vous devriez vous poser cette simple question : comment vivre avec une somme se situant entre la rente minimale de 1170 francs par mois et la rente maximale de 2340 francs par mois lorsque l’on est une personne seule ?
Je vous invite à soutenir l’initiative "AVS plus" et ainsi à tendre enfin au respect de notre Constitution fédérale.

PST-POP  |   secretariat@pst.ch  |   Dernière mise à jour: le 6 septembre 2016

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