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 Victoire de Syriza

dimanche 1er février 2015

Le Parti suisse du Travail salue le vote du peuple grec lors des élections parlementaires du 25 janvier, qui représente un signal d’espoir pour tous les peuples d’Europe. Il s’agit d’un symbole fort de par la majorité absolue en sièges détenue par les partis issus de la gauche radicale, et d’un formidable camouflet pour les eurocrates néolibéraux de Bruxelles et leurs commis locaux.
Les partis pro-austérité agenouillés devant Mme Merkel et les technocrates de la Commission européenne font à peine un tiers des voix. Le laminage du Pasok, qui passe à peine le quorum, est une excellente nouvelle et un bon rappel du destin qui attend les partis de « gauche » qui se mettent au service des possédants contre le peuple. Espérons que Nouvelle démocratie ira rejoindre bientôt le Pasok dans les oubliettes de l’histoire.
Tous les autres partis qui ont pu entrer à la Vouli incarnent d’une façon ou d’une autre le refus de l’eurodictature et des politiques d’austérité, même s’ils ne représentent pas tous une alternative véritable. Nous tenons tout particulièrement à saluer le résultat de nos camarades du Parti communiste de Grèce (KKE) pour leur score en progression par rapport au dernier scrutin, et rappeler leur rôle irremplaçable dans l’organisation des luttes populaires et syndicales contre les politiques anti-populaires des gouvernements à la botte de la Troïka.
Mais la principale nouvelle de cette élection est la victoire de Syriza, Coalition de la gauche radicale, membre du Parti de la Gauche européenne, dont fait aussi partie le Parti Suisse du Travail, à qui il manque seulement deux sièges pour avoir à eux seuls la majorité absolue. à qui il manque seulement seulement deux sièges pour avoir la majorité absolue. Si tant de Grecs ont voté pour Syriza, c’est que, malgré une propagande néolibérale et anticommuniste hystérique et omniprésente, malgré les menaces, les ingérences et le chantage du gouvernement ND-Pasok et de l’UE, l’idéologie dominante a perdu toute crédibilité. L’oppression capitaliste et les mesures anti-populaires pour la maintenir sont devenues intolérables. La tyrannie de la bureaucratie bruxelloise remet en cause les conditions les plus élémentaires de la survie du peuple grec.
Syriza a su soulever les problèmes qui se posent au pays, exiger une politique en faveur des intérêts des classes populaires et non plus des grands monopoles et des plus riches, et incarner une alternative crédible aux yeux des électeurs grecs. Syriza exige en effet la fin des politiques d’austérité, qui, quoi qu’en disent les pseudo-experts néolibéraux autoproclamés, ne répondent à aucune nécessité économique. Leur bilan est au contraire catastrophique : la dette grecque, qui représentait 120% du PIB au début de la crise, culmine aujourd’hui à 176% ; le PIB a chuté de plus de 25% ; le chômage atteint des sommets ; le peuple grec est condamné à la misère généralisée. Tout cela pour augmenter un peu plus les profits des monopoles et l’accaparement des richesses par une toute petite minorité.
Le programme électoral de Syriza prévoit l’annulation de toutes ces mesures scandaleuses, ainsi que le rétablissement des droits des travailleurs et des acquis sociaux pour répondre à l’urgence humanitaire que vit le peuple grec. Quant à la dette, Syriza prévoit d’en négocier le rééchelonnement, et surtout, plus intéressant, d’organiser un audit pour en annuler la partie illégitime. Cette revendication est juste et nécessaire : les dettes des États sont une affaire hautement lucrative pour des banques privées et intéressantes pour des politiciens corrompus ; elles servent de prétextes pour imposer des politiques anti-populaires. Il faut le dire haut et fort, les dettes que les politiciens bourgeois font auprès de leurs copains banquiers pour leurs avantages personnels ne sont pas le fait des peuples. Ils n’ont pas à les payer !
Le programme électoral de Syriza pourra-t-il être appliqué en restant dans le carcan néolibéral et anti-démocratique de l’UE et l’euro dont le parti ne veut pas sortir ? Mme Merkel et des représentants de la Commission européenne et du FMI se sont permis des propos d’une arrogance stupéfiante, disant qu’il n’y a rien à renégocier et que la Grèce doit « honorer ses engagements ». Ils ont montré leur mépris pour la démocratie et le vote souverain du peuple grec. Le choix de Syriza de s’allier au parti des Grecs indépendants (droite souverainiste, anti-austérité, anti-dette illégitime, anti-euro, anti-UE) plutôt qu’aux centristes à-plat-ventristes devant l’UE de Potami, s’il est contestable pour un parti de gauche, peut en réalité être un bon signal, le signal que Syriza a choisi de relever l’épreuve de force de la technocratie bruxelloise et de ne pas céder.
Quoi qu’il en soit, ce vote très clair du peuple grec doit servir de signal aux peuples d’Europe. Un signal pour renforcer les luttes, et non pour les atténuer au nom d’illusions parlementaristes, de mener plus résolument la lutte contre l’eurocratie néolibérale, contre les politiques d’austérité, contre le chantage à la dette illégitime. Contre l’oppression capitaliste. Pour le socialisme.

Parti Suisse du Travail

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