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Interventions de Denis de la Reusille au Conseil National


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 Élections fédérale : Nous ne renoncerons pas

dimanche 25 septembre 2011

Nous ne renoncerons pas

Crise ? Pas pour tout le monde ! En Suisse, moins de 3 % de la population dispose d’un revenu imposable aussi élevé que les autres 97 %. Dans les vingt dernières années, la fortune des 300 personnes les plus riches a passé de 86 à 449 milliards de francs.

En 2010, les 41 plus grandes entreprises suisses cotées en bourse ont toutes pu réaliser un bénéfice. Globalement, les bénéfices augmentent de 75 % et atteignent un record de 83,9 milliards. Dans 26 des 41 entreprises observées, l’écart entre les salaires a encore augmenté. En moyenne, l’écart des salaires est de 1 : 43. Cela signifie que les travailleuses et travailleurs les moins payés doivent travailler 43 ans pour obtenir le salaire annuel d’un membre de la direction de l’entreprise. Les grandes entreprises sont aussi protégées par la politique des partis bourgeois : par la réforme de l’imposition des entreprises II, un cadeau fiscal de plusieurs centaines de millions de francs leur a été fait en pleine période de crise.

L’Etat bourgeois économise sur le dos des plus pauvres : les prestations d’aide à domicile aux parents d’enfants gravement handicapés sont supprimées. Avec la 6ème révision de l’assurance-invalidité, quatre milliards de francs doivent être économisés. En 2010, avec la révision de la LACI (loi sur l’assurance-chômage), 600 millions ont été économisés sur le dos des personnes sans emploi et des milliers d’entre elles ont été poussées vers l’aide sociale. Un impôt de 0,12 % sur les fortunes des 300 Suisses les plus riches aurait aussi amené 600 millions dans les caisses de l’État.

La détérioration de l’assurance-chômage augmente la pression sur ceux qui ont encore un travail. Un exemple : l’entreprise Lonza (chimie), dans son usine de Viège, a augmenté, sans autre forme de procès, l’horaire de travail de 41 à 42,5 heures par semaine. Naturellement avec le même salaire, ce qui a entraîné pour les travailleurs et des travailleuses concernés une perte de salaire réel d’environ 4 %. La cause en est prétendue baisse des profits en 2011, en raison du cours élevé du franc. L’entreprise a enregistré en 2010 un bénéfice de plus de 250 millions de francs.

Nous constatons que l’argent en Suisse n’est pas une denrée rare. Il est réparti de manière très inéquitable. Nous constatons aussi que la politique néolibérale des partis bourgeois est celle de gardiens et d’organe d’exécution du système social capitaliste. Rien n’est donc entrepris pour supprimer les injustices. Il y a une raison apparemment simple : l’argent et le contrôle des moyens de production signifient le pouvoir sur la société. Et pour que le pouvoir reste dans les mains d’une minorité, il faut manipuler la majorité les uns contre les autres « travailleurs honorables » contre « parasites sociaux », « étrangers » contre « indigènes », chrétiens contre musulmans.

Revendications

Du travail pour toutes et tous

Comme la richesse sociale est fondée sur le travail, celui-ci est pour nous un droit fondamental pour tous les êtres humains.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • l’application de l’égalité entre les salaires des hommes et des femmes
  • l’instauration d’un salaire décent d’au minimum 4000 francs
  • l’introduction de la semaine de 35 heures, sans réduction de salaire et avec engagement de personnel
  • la mise en place d’une protection contre les licenciements
  • l’application et le renforcement des mesures d’accompagnement de la libre circulation avec l’UE
  • la fin du dumping salarial

… pour demain

  • le renforcement des syndicats combatifs et à l’écoute de la base
  • le droit d’organiser des grèves générales
  • des mesures concrètes contre la pression de la flexibilisation à sens unique qui détériore les conditions de travail.

et nous ne renoncerons pas …

avant que, dans la société socialiste, le travail ne serve plus à enrichir un petit nombre par l’exploitation des hommes et de la nature, mais à assurer le bien-être de tous.

Richesse pour toutes et tous

La répartition inégale de la richesse est le signe le plus apparent du capitalisme. Un petit nombre possède la plus grande partie, beaucoup n’ont presque rien. Le monde a la tête en bas. Nous l’aiderons à se remettre sur les pieds.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • l’augmentation de l’impôt sur les bénéfices des sociétés de capitaux
  • l’augmentation de l’impôt sur le capital des sociétés de capitaux
  • une importante augmentation de l’impôt sur les gains immobiliers
  • l’augmentation des impôts sur les fortunes privées de plus d’un million de francs
  • l’introduction d’un impôt sur les transactions financières
  • l’introduction d’un impôt fédéral sur les successions
  • l’harmonisation des taux d’imposition des communes et des cantons

… pour demain

  • la nationalisation et le contrôle démocratique des banques et des compagnies d’assurances
  • une hausse des impôts sur les grosses fortunes, afin de les limiter

et nous ne renoncerons pas

avant que, dans la société socialiste, les riches ne soient plus riches et les pauvres ne soient plus pauvres !

Des logements pour toutes et tous

Les logements existent pour y habiter et non pour augmenter énormément les profits des propriétaires immobiliers. Le logement à un prix abordable est un droit fondamental et la qualité du logement, étroitement liée à celle de la vie et de la santé , doit être garantie.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • la fin des expulsions
  • le contrôle des loyers par l’État
  • l’interdiction de la spéculation sur les logements et les terrains
  • un droit général de préemption à la valeur officielle pour les communes et les communautés d’habitation lors de ventes d’immeubles et de terrains à bâtir

… pour demain

  • la nationalisation et le contrôle démocratique de la propriété foncière.

et nous ne renoncerons pas

avant que, dans la société socialiste, le droit de disposer des terres ne soit transformé en simple droit d’utilisation.

Un environnement pour toutes et tous

Les causes des problèmes environnementaux sont la recherche du plus grand profit le plus vite possible, ainsi que l’exploitation sans égard pour la nature, sous les ordres du grand capital. Un environnement sain est un bien appartenant à tous les êtres humains et doit donc être conservé.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • la sortie rapide du nucléaire
  • des investissements de l’État dans les projets et programmes de recherches sur les énergies renouvelables
  • l’utilisation gratuite des transports publics locaux pour toutes et tous
  • aucune privatisation de biens de première nécessité comme l’eau
  • la nationalisation et le contrôle démocratique des grandes entreprises énergétiques

… pour demain

  • le renforcement massif des mouvements anticapitalistes de protection de l’environnement

et nous ne renoncerons pas

avant que, dans la société socialiste, l’économie planifiée ait assuré une juste répartition des biens et des ressources naturelles

La formation pour toutes et tous

Les institutions de formation sont le reflet de la société. On a tendance à enseigner ce qui sert à l’économie. Cela contraste avec une éducation émancipatrice qui nous permettrait de surmonter l’exploitation et la domination de classe.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • un soutien financier accru de l’État pour les institutions culturelles
  • une aide ciblée pour les enfants et les familles des travailleurs et des travailleuses et des migrant-e-s,
  • l’interdiction de l’influence de l’économie privée sur le contenu de la recherche et de l’enseignement
  • une formation gratuite pour toutes et tous de l’école enfantine à la fin des études supérieures

pour demain :

  • la suppression dans l’école obligatoire ,des filières qui entraînent une sélection précoce
  • la culture pour toutes et tous sans sélection sociale

et nous ne renoncerons pas

avant que, dans une société socialiste, la formation ne soit plus au service des intérêts économiques, mais serve à la formation de la personnalité et à la société.

Démocratie pour toutes et tous

Nous vivons dans une dictature de l’économie et des grandes entreprises. La plupart des citoyennes et citoyens n’ont rien à dire. C’est pourquoi des changements radicaux sont nécessaires. L’économie, elle aussi doit être administrée démocratiquement.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • le droit de vote et d’éligibilité pour toutes les personnes vivant en Suisse
  • l’institution par la loi de conseils d’entreprises avec un droit de regard complet sur la gestion des entreprises

… pour demain

  • la possibilité pour toutes et tous de participer à l’élaboration, à la mise en œuvre et au contrôle de tous les processus politiques, économiques et culturels

et nous ne renoncerons pas

avant que la démocratie socialiste règne et donc que les institutions ne soient plus au service d’une minorité qui a beaucoup d’argent.

Mêmes droits pour toutes et tous

Le racisme contribue au maintien du pouvoir. Les boucs émissaires servent à diviser les travailleurs et travailleuses et à détourner la population des vrais problèmes.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • le passeport suisse pour toutes les personnes nées en Suisse
  • la légalisation des sans-papiers, car personne n’est illégal
  • la poursuite pénale de chaque acte xénophobe ou raciste

… pour demain

  • une loi sur les étrangers et sur l’asile, basée sur l’humanisme et la solidarité

et nous ne renoncerons pas

avant que, dans la société socialiste, le racisme et la xénophobie ne soient plus qu’un souvenir d’un sombre passé

Sécurité sociale pour toutes et tous

Les rentes et les assurances sociales ne sont pas une aumône, mais un droit garanti par la Constitution. La santé n’est pas un bien de luxe que seule une minorité peut s’offrir.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • l’arrêt immédiat du démantèlement des assurances sociales
  • l’intégration du 2ème pilier (caisses de pensions) dans le premier (AVS) et ainsi l’introduction des retraites populaires
  • des primes d’assurance-maladie dépendantes du revenu et de la fortune
  • des crèches et garderies gratuites

… pour demain

  • la nationalisation du système de santé publique pour le mettre sous contrôle démocratique

et nous ne renoncerons pas

avant que, dans la société socialiste, tous les êtres humaines vivent dans la dignité et que l’inquiétude quant aux soins pour soi ou sa famille ait une fin.

Culture pour toutes et tous

Dans une société de classes la politique culturelle a aussi un caractère de classe. La consommation passive de la culture fait aussi partie du mécanisme d’oppression du capitalisme comme le remplacement de la culture par le divertissement non culturel, qui tend à mettre les gens dans un état de satisfaction apparente. A cela il faut opposer une culture démocratique.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • l’accès gratuit à l’enseignement de la musique, de la danse, de la peinture et de la créativité en général
  • le soutien public à la culture
  • un encouragement plus important pour les jeunes artistes par l’offre de possibilités de formation adaptées
  • la création d’espaces autogérés

… pour demain

  • des équipements, qui permettent de faire de consommatrices et consommateurs passifs de culture des productrices et producteurs culturels actifs

et nous ne renoncerons pas

avant que, dans la société socialiste, l’art et la culture ne soit devenus un lieu d’épanouissement artistique illimité et de réflexion sur le développement social.

Un monde pour toutes et tous

Le monde ne s’arrête pas aux frontières suisses. Nous voulons une Suisse qui s’engage pour que le fossé entre riche et pauvre à l’échelle mondiale s’amenuise, ainsi que pour la paix au lieu de la guerre.

Nous revendiquons pour aujourd’hui …

  • le soutien aux mouvements démocratiques dans le tiers monde
  • des relations commerciales équitables avec les pays en développement et les pays émergents
  • une coopération au développement à hauteur d’au moins 1 % du produit national brut
  • le retrait de tous les militaires suisses engagés à l’étranger
  • pas d’adhésion à l’UE néolibérale
  • le maintien de la neutralité et le refus d’une participation, active ou passive, à des guerres
  • la rupture de toutes les relations avec des alliances impérialistes comme l’OTAN

… pour demain

  • le renforcement du mouvement mondial pour la paix contre les guerres impérialistes
  • une Suisse qui respecte la tradition humanitaire qu’elle revendique

et nous ne renoncerons pas

avant que dans la société socialiste le risque de guerre soit banni et qu’il y ait une solidarité réelle avec les peuples opprimés.

Notre identité

Le Parti Suisse du Travail – POP s’oriente dans son travail politique vers les besoins et intérêts de la classe sociale qui est la plus frappée par le capitalisme et le néolibéralisme. Cet engagement est notamment valable pour les hommes et les femmes qui sont dépendants d’autres sous n’importe quelle forme, qui sont désavantagés ou maltraités, qui sont sans droits ou sans travail, qui n’ont pas droit à la parole sur leur place de travail, doivent vivre dans des conditions misérables à cause de difficultés économiques ou de leur âge. C’est pourquoi il comprend et mène son combat politique comme une lutte de classe, qui englobe tous les aspects de la vie sociale : la politique, l’économie, la culture et l’environnement.

Pour nous, les rapports de propriété constituent la base de l’existence humaine. En outre, nous faisons la différence entre la propriété personnelle, que nous respectons, et la propriété des moyens de production, tels que le sol, l’industrie lourde, les grandes entreprises énergétiques, les banques, les transports publics, etc. De la propriété privée des moyens de production découlent les maux qui nuisent à la qualité de notre vie actuelle, comme l’exploitation et l’oppression, la spéculation et la course immodérée au profit, le consumérisme, la destruction de l’environnement. Nous voulons combattre ces maux à leur origine. C’est pourquoi nous nous fixons comme but d’enlever aux privés le pouvoir de disposer des moyens de production et de les mettre en possession et sous la responsabilité de l’ensemble de la société. Ainsi nous pourrions briser le pouvoir politique et économique des propriétaires privés. En même temps, avec cette mesure, d’énormes moyens seraient soustraits à l’appropriation privée et libérés pour des tâches collectives, comme l’amélioration des infrastructures, la culture ou les retraites.

Nous arrivons à la conclusion que notre but n’est pas d’améliorer dans le capitalisme. Nous voulons vaincre le système existant et par un travail continuel édifier un ordre vraiment démocratique, un ordre socialiste. Mais nous ne voulons pas nous arrêter à cela. Notre but idéal est une société communiste, ce qui signifie une société sans classe, dans laquelle la vie a un sens pour tous, dans laquelle la domination et l’aliénation auront été supprimées et l’équilibre écologique rétabli. Cette société est basée sur les valeurs de l’égalité des droits, du respect mutuel, de la paix et de la libération de la contrainte.

Dans ce sens nous sommes un parti révolutionnaire, qui se différencie de tous les autres partis politiques suisses.

Parti Suisse du Travail

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