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Interventions de Denis de la Reusille au Conseil National


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 LETTRE OUVERTE aux paysans et aux paysannes

mardi 17 novembre 2009

Mesdames, Messieurs,

Nous croyons utile de vous faire connaître la position de notre parti sur l’agriculture. Nous sommes convaincus que vous saurez en apprécier le contenu et l’engagement. Si vous le souhaitez, nous restons à votre disposition ainsi qu’à celle de vos organisations pour améliorer et préciser cette analyse pour la transformer en actions concrètes. Bonne lecture et cordiales salutations.

La crise paysanne est sans précédent. Elle entraîne les petits et moyens agriculteurs ainsi que les jeunes vers une impasse dramatique. Les aides publiques n’ont strictement rien à voir avec l’ampleur et la gravité de la détresse qui parcourt les campagnes.

On peut certes, déplorer la baisse des prix à la production, tandis que les prix à la consommation augmentent. Mais l’idéologie dominante a engagé un processus de « modernisation de l’économie » qui affaiblit les paysans et renforce les centrales d’achat qui imposent aux producteurs des prix toujours à la baisse.

Marqué par la politique européenne, l’État impulse une orientation négative qui renforcera
l’exploitation du travail agricole par les secteurs en aval, particulièrement par l’industrie de
transformation et les supermarchés.

C’est tout le sens de cette expression répétée à souhait de « renforcement de la compétitivité de notre agriculture ». C’est aussi le sens de cette tentative de transformer les paysans en « entrepreneurs » et les acheteurs en « clients ».

Il n’y a pas d’issue véritable pour les petits et moyens agriculteurs, sans un travail tenace,
opiniâtre, argumenté pour la mise en place d’un prix minimum intra-européen, garanti pour
une quantité donnée de production. Au-delà de cette quantité définie, les prix pourraient être
dégressifs.

Le mot « régulation » n’est utilisé que pour mieux camoufler la liberté totale de circulation
des capitaux et des marchandises, à l’origine des crises actuelles.

Le monde a besoin d’un vrai et audacieux projet agricole et alimentaire, fondé sur une
agriculture paysanne et les souverainetés alimentaires. La Suisse devrait y contribuer en
proposant à l’ONU une grande conférence mondiale agricole et alimentaire et pour le droit à
l’alimentation pour toutes et tous.

Dans ce cadre, une nouvelle politique agricole correspondant aux grands enjeux de notre temps doit être inventée. Elle ne doit pas se concevoir dans la concurrence, mais dans la coopération avec tous les peuples et les paysanneries du monde entier. Au-delà de leur profession, les agriculteurs sont soucieux de l’avenir du monde et de la société, de son alimentation en quantité comme en qualité, de l’emploi, de la vie des territoires, de l’environnement, de la santé, de la solidarité internationale dans le cadre d’un nouveau système de coopération et de commerce équitable.

Tout cela devient incompatible avec l’ultralibéralisme et le capitalisme.

Or, il est urgent de reconnaître le travail agricole comme une mission d’intérêt général
et de le considérer comme tel.

PST / POP Novembre 2009

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