Pierre Laurent, Président du Parti de la gauche européenne : Avec le « Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire », Angela Merkel et Nicolas Sarkozy veulent rendre automatique l’austérité et faire que l’UE contrôle directement les budgets des Etats. Nous savons que si ce texte est adopté, le chômage, la précarité et la pauvreté vont se développer en Europe et que la situation économique va s’aggraver. Avec ce projet d’initiative citoyenne européenne, le Parti de la gauche européenne propose de débattre d’un outil concret permettant de sortir de la crise par le développement social et en libérant l’Europe des marchés financiers. Il est temps de mettre l’argent et les pouvoirs au service des peuples !
Nous sommes dans un moment crucial. Les uns après les autres, les peuples européens, les uns après les autres, se voient imposer des sacrifices inouïs dictés directement par les marchés financiers et leurs agences de notation. Des Nations souveraines ont été humiliées et privées de leurs droits. Les dirigeants politiques européens invoquent la « crise des dettes publiques » pour faire croire aux peuples qu’ils doivent payer le prix de la crise.
Mois après mois, lors de soi-disant sommets « cruciaux », « historiques », ces dirigeants en coopération étroite avec le fonds monétaire international, adoptent de soi-disantes « solutions globales et définitives » qui sont immédiatement abandonnées car inefficaces. Les seules choses qu’ils amènent sont la cruauté envers les peuples et l’augmentation des dettes souveraines.
L’échec permanent des dirigeants européens les conduit à exiger de nouveaux traités communs entre les Etats de l’UE, en particulier dans la zone euro. L’objectif est d’assurer un contrôle financier et politique direct sur les autres pays. La zone euro est au bord de l’explosion, et l’Union européenne elle-même est maintenant menacée.
La démocratie, la souveraineté et l’intervention des peuples sont devenues insupportables aux yeux des forces qui dominent l’Union européenne. Cela devient évident au regard du refus opposé au peuple grec de se prononcer par referendum ou la nomination de banquiers en Grèce et en Italie comme chefs de gouvernements non élus.
Il est grand temps pour les forces du changement d’ouvrir un chemin de sortie de crise. Le Parti de la gauche européenne soutient et participera à la journée d’action du 29 février appelée par la CES. Il organisera les 30 et 31 mars un sommet alternatif à bruxelles et appelle les femmes et les hommes progressistes à travailler ensemble à la naissance d’une Europe sociale, écologique et démocratique.
1. REFUSER L’AUSTERITE
Les régressions sociales qui déferlent sur les pays de la zone euro constituent non seulement une injustice intolérable mais aussi une atteinte à la dignité des peuples. Elles sont une fausse solution à la crise, car elles conduisent à la récession économique. Il est donc absolument nécessaire de renverser la logique actuelle : la priorité n’est pas le « désendettement ». La priorité, c’est le développement social, la création d’emplois et de richesses utiles à la société et respectueuses de l’environnement. La priorité est de s’attaquer partout au chômage de masse, à la précarité de masse, à la pauvreté de masse ! L’austérité n’est pas la solution, c’est le problème ! Priorité à l’emploi, aux dépenses utiles et aux services publics !
2) SE LIBERER DE LA DEPENDANCE AUX MARCHES FINANCIERS
Il est vital de desserrer les liens de dépendance à l’égard des marchés financiers. Il est possible de s’opposer à la logique de « l’argent pour faire plus d’argent » et de réorienter l’argent vers le financement des dépenses utiles en :
- Taxant les transactions financières
- fermant les paradis fiscaux
- luttant contre la spéculation financière
Des pas essentiels sont à franchir dans chaque pays : des réformes fiscales profondes et la création de poles publics financiers en utilisant les structures publiques existantes.
La mesure la plus structurante dans ses effets en chaîne est la transformation des missions (et donc des statuts) de la Banque centrale européenne (BCE) et de tout le système européen des banques centrales. La BCE a le pouvoir quasi-illimité de créer de la monnaie sans recours aux marchés financiers. Elle pourrait donc prêter de l’argent gratuitement aux États membres pour financer des investissements publics destinés à développer l’emploi, à promouvoir des services publics. Pour cette proposition que le Parti de la gauche européenne demande un soutien massif dans le cadre d’une « initiative citoyenne européenne » (voir encadré)
Les investissements ainsi financés par le biais de la BCE concerneraient directement l’économie réelle. Ils produiraient, à terme, des richesses. L’argent prêté par la BCE devrait impérativement servir à des investissements publics créateurs d’emplois, de richesses utiles. Les pays recevant ces financements pourraient dès lors rembourser la dette dans de bonnes conditions. L’exigence de transformation de la BCE doit devenir la cause des peuples !
3) CONQUÉRIR DES DROITS D’INTERVENTION, DÉFENDRE LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE, PROMOUVOIR LA DÉMOCRATIE
Au nom de la « gouvernance économique européenne », on en arrive ainsi à de véritables mises sous tutelle d’États souverains. La démocratie est vue comme un obstacle aux « attentes des marchés ». Rassembler pour la défense et l’extension des droits des salariés et des citoyens constitue bien un objectif stratégique pour qui veut agir pour un vrai changement.
Les relations entre les Etats membres de l’UE doivent être basées sur le respect mutuel et l’égalité. La majorité des peuples veut encore vivre dans l’Union européenne, mais une Union basée sur la solidarité et l’égalité des droits pour tous !
La crise présente de nombreux dangers, mais également des opportunités d’améliorer et de rendre plus justes les politiques. Travaillons ensemble à un mouvement populaire construit sur des idées transformatrices. Le PGE vous appelle à vous soulever pour réaliser ce défi historique !
ENCADRE
QU’EST-CE QUE L’INITIATIVE CITOYENNE EUROPEENNE ?
Conscients de la désaffection croissante des citoyens vis-à-vis de l’Union européenne actuelle, les dirigeants européens ont intégré dans le traité de Lisbonne un dispositif appelé « Initiative citoyenne européenne ». Ce dispositif ne permet évidemment pas de résoudre le déficit structurel de démocratie au sein de l’UE. Mais il permet à un groupe d’un million de citoyens européens– dans un cadre très étroitement réglementé – de s’adresser à la Commission européenne pour lui demander de présenter officiellement une proposition.
Le Parti de la gauche européenne a décidé de ce saisir de cet instrument de façon offensive. Nous voulons donner la parole aux citoyens qui veulent agir pour libérer nos pays des diktats des marchés financiers afin de pouvoir relancer une véritable politique de développement social et écologique, et de faire vivre la solidarité.
Notre proposition : Créer un Fonds européen de développement social et solidaire qui remplacerait l’actuel "Fonds européen de stabilité financière" qui ne sert qu’à imposer l’austérité aux populations. Ce fonds serait une sorte de banque publique européenne exclusivement destinée à faciliter les investissements publics en faveur du développement social et écologique, de la promotion des services publics, d’une croissance économique saine. Bref, tout ce dont nos pays ont aujourd’hui un besoin vital !
Le financement de ce fonds serait assuré par le produit d’une taxe sur les transactions financières, par une contribution du budget communautaire, et il aurait la possibilité d’emprunter ses crédits auprès de la Banque centrale européenne à un taux très bas. Cet argent servirait exclusivement les objectifs décrits plus haut.
Face aux fiascos répétés des « solutions » de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds Monétaire européen, cette proposition alternative et résolument tournée vers le développement social et la solidarité, commence à faire son chemin.
Sans attendre, faites-nous connaître votre intérêt pour cette action majeure !

Télécharger la brochure
